Trompettes et Trombones

 

Jeune public

 

Avec le Quatuor de cuivres ARIA

 

 

 

 

 

 

 

 

www.quatuoraria.com
 

 

Programme

 

1) Morceau d1introduction : "Celebration Jazz"

 

 

2) Prelude et fugue de J.S.BACH (allemand) 1685/1750

 

line fugue est une oeuvre pour plusieurs voix. Ces voix font leur entree lea unes aprbs les autres. Le plan classique dune fugue est le suivant

EXPOSITION ‑ DEVELOPPEMENT ‑ RE‑EXPOSITION + une coda, la "strette" oil les voix font leur entree de faqon plus rapprochee.

 

J.S.BACH a compose des fugues pour 3, 4, 5, 6 voix (L'OFFRANDE MUSICALE).

Le clavecin et Porgue sont ses instruments de prddilection, pour cette forme

d'ecriture. 11 a exploite 'a. 1'extreme cette forme musicale dans "L'ART DE LA FUGUE". Une fugue est toujours preced6e d'un Prelude.

 

3) "Habanera" de G.BIZET (Franqais) 1838/1875

Dans CARMEN, opera tire dune nouvelle de MERIMEE, la belle gitane CARMEN

chante "L'Amour est enfant de boheme" sur un rythme de HABANERA :

 

A Porigine, cette danse de rythme binaire est cubaine. Dans son pays d'origine, elle etait connue sous le nom de "contredanse creole". Elle gagna tout le continent europeen vers la fin du XIXeme si6cle.

 

4) Trois danses de Claude GERVAISE (Franqais) XVIeme sibcle

Ce musicien vecut a Paris et a publie plusieurs "livres de danceries" qui contiennent les danses a la mode vers le milieu du siecle. Certaines d'entre elles sont des arrangements de chansons polyphoniques de CERTON, JANEQUIN...

 

Vous entendrez

 

a) Une Basse‑Danse

 

Tres en vogue au XVIeme siecle et dans la premiere moitie du XVIIeme siecle, . elles sont enseignees par des maitres a danser en France, en Italie, en Bourgogne, mais aussi en Allemagne, Espagne, Angleterre.

Cette danse tire son nom de ses figures lentes et glissees ‑‑sans saut‑‑. Elle peut etre dansee par couple ou par des groupes plus importants.

 

b) Une Pavane

 

Danse de cour d'origine italienne ‑‑elle tirerait son nom de PAVA = PADOUE en dialecte‑‑ elle revet un aspect solennel et majestueux et se danse par couples.

(Au XVIIeme siecle, dans le cadre de la "Suite" elle sera frequemment suivie de la Gaillarde).

 

c) Une Gaillarde

                                                                                                                                                            ,‑_

C'est une danse rapide "parce qu'il faut etre gaillard et dispos pour la danser... les jeunes hommes de votre age sont plus aptes b, la danser que les vieillards comme moy" explique Thoinot ARBEAU.

Repandue en Europe entre les XVIeme et XVIIIeme siecles, la Gaillarde semble etre d'origine italienne ou franqaise, arriv6e en France comme "romane" ou "romanesque".


 

5) French‑Cancan de Jacques OFFENBACH (Français d'origine Allemande) 1819/1880

C'est une danse tres rythmee, provocante, que J.OFFENBACH a place dans plusieurs de ses opérettes qui se moquent de la societe du Second Empire.

 

6) Greensleaves Joli morceau qui est une composition anonyme.

 

7) Extrait d'Espana d'Emmanuel CHABRIER (Français) 1841/1894

L'auteur de la "Ballade des gros dindons" et de la "Pastorale des cochons roses" a compose ESPANA, rapsodie pour orchestre en 1883. Une rapsodie est assez proche d'une fantaisie et de 1'improvisation car la forme et le style en sont tres libres. Les themes, en general, illustrant bien le folklore dune region ou d'un pays sont juxtaposes et opposes en de courts episodes de caractere tres different. Espana illustre 1'Espagne.

 

8) Marche funebre dune marionnette de Charles GOUNOD (Français) 1818/1893

On reconnaitra dans cette oeuvre pour orchestre, qui date de 1873, le rythme bien caracteristique de la marche.

 

9) Mango Walk

 

10) Bourree et Menuet de G.F.HAENDEL (Allemand naturalise Anglais) 1685/1759 Souvent dans ses Suites instrumentales, G.F.HAENDEL introduit des danses franigaises.

a) La Bourree, danse tres rythmee a deux ou trois temps, tirerait son nom soit des Bulgares ou "Boulgres" qui 1'introduisirent en France, soit du verbe "bourrer" qui signifie "frapper". Elle fut adoptee 'a la Cour de France grace a Marguerite de VALOIS, en 1555, mais etait 6galement dansee en milieu rural.

 

b) Le Menuet, d'origine franqaise, h. 3/4, cette danse dont le nom derive de "menu" ou "mener" est officiellement introduit a la Cour de France, en 1653. Elle figure dans tous les operas‑ballets de LULLY.

 

11) Le Bon, la Brute et le Truand (Ennio MORRICONE) XXeme siecle Tr6s connu.

 

12) Musique d'aujourd'hui (XXbme si6cle)

a) Yellow bird cha‑cha

b) Salvation hymn ‑ Michael SHORT

c) Moving on                 ‑ Michael SHORT

d) Gospel shout

e) Une pi6ce contemporaine de J.M.SERRE

f) Afternoon in Paris ‑ standard de jazz americain.

 


 

La trompette, comme vous le savez, fait partie de la famille des CUIVRES comprenant les instruments a embouchure (qu'ils soient a pistons ou a coulisse) avec le COR, le CORNET A PISTONS, le TROMBONE, les SAXHORN et le TUBA.

 

L'origine de la trompette remonte a tres loin... de la flute, du cor et de la trompette lequel de ces instruments est le plus ancien ?

La perce en grande partie cylindrique de la trompette semble indiquer que Pinstrument primitif etait constitue d'un os evide auquel on aurait ajoute un pavillon. Le fait est que tous les pays de 1'Antiquite connaissaient cet instrument...

 

Il y a longtemps, tres longtemps, les Hebreux comme Pattestent les textes de PEcriture des 1'Ancien Testament, lui donne un r61e sacre.

Son premier r61e est militaire, bien sur, comme en Egypte, des 1'Ancien Empire (3500 av.J.C.) ou dans la Chine ancienne. Mais la Chine Putilise aussi pour les c6remonies funebres.

'Les Romains elaborent de nombreux types differents attaches a une fonction precise

durant le combat. Tous ces types de trompettes : buccine (au pavillon recourbe) ou

tuba (longue trompette droite comme celles de iericho) se reunissaient en fanfare

pour accompagner les festins militaires.

 

Au Moyen‑Age, elle conserve toujours son r61e militaire et avec les autres cuivres agrementent les ceremonies, tournois, festins, corteges de toutes sortes. Ce West qu'a partir du XIIIeme siecle que les "trompes petites" accedent au rang de veritables instruments de musique.

 

Pendant la Renaissance, Pinterpretation des chansons polyphoniques a 4, 5, 6 voix variait suivant les circonstances du moment. Elles etaient, soit chantees, soit jouees par des instruments. Vous connaissez tous la celebre chanson "La bataille de Marignan" de Clement Jannequin. Ecrite pour 4 voix mixtes dont les onomatopees imitent les bruits du combat, on peut entendre cette chanson soit a 1'orgue soit transcrite pour les Cuivres...

 

Au XVIIeme et XVIIIeme sibcles, la trompette symbolise la musique de plein air

Ecoutez, de R.M.DELALANDE, le "Concert de trompettes pour les festes sur le

canal de Versailles" ou "Water Music" de HAENDEL (musicien contemporain de

J.S.BACH).

11 ne faut pas oublier que Pavenement des grandes formes dramatiques religieuses

(oratorio, cantate) et profanes (ballet de cour, opera) plus la naissance des premieres

formes instrumentales (suites de danses, concertos, etc) suscite un vaste essor dans

le repertoire des instruments a vent.

Prenons quelques exemPles

En Italie, MONTEVERDI introduit dans son ORFEO (1607) des trompettes dans la fanfare d'ouverture.

 

En France, J.B.LULLY dans ses "airs de sommeil" de ses operas emploie les cuivres

1

avec la sourdine. Savez‑vous que la "Grande Ecurie du Roi" comportait hautbois et bassons dialoguant avec trompettes et timbales ? Le prestige de ces instruments plaisait a Louis XIV. Et pensez aussi a tous les grands TEDEUM de Lully, M.A.CHARPENTIER, A.CAMPRA ou generalement une ou plusieurs parties de trompettes affirmaient le style solennel de ces oeuvres, jouees comme les grands motets (de M.A.CHARPENTIER) dans la chapelle de Versailles...


 


 


 

 

 

 

 

 

 

Dès le XVIIème siècle aussi, les compositeurs comprennent que la TROMPETTE s'associe admirablement à l'ORGUE. Vers 1630, 1640, FANTINI, le célèbre trompettiste du duc de Toscane Ferdinand II aurait, parait‑il, joué avec le non moins célèbre FRESCOBALDI des sonates pour ces deux instruments.

 

En Angleterre, PURCELL dans son opéra DIOLESIAN écrit un air pour voix et trompette. SCARLATTI à la même époque associe aussi la trompette à la voix.

N'oublions pas G.F.HAENDEL qui assigne à la trompette un rôle dramatique dans ses nombreux oratorios.

 

J.S.BACH et TELEMANN sont séduits par la sonorité éclatante (ou plus douce avec la sourdine) de la trompette.

 

Pensez au beau MAGNIFICAT de J.S.BACH (on y entend deux trompettes en ré) ou au IIème CONCERTO BRANDEBOURGEOIS.

Ecoutez aussi tous les concertos de solistes d'un TELEMANN, d'un VIVALDI jusqu'à ceux d'un Joseph HAYDN ou d'un Léopold MOZART ...(Notez que W.A.MOZART utilisera peu la trompette en dehors de ses opéras ; il lui préfère la clarinette).

 

 

 

Mais il faut s'arrêter un instant sur l'invention de BLUHMEL qui allait développer considérablement les possibilités de l'instrument. C'est bien entendu l'invention des PISTONS en 1813, 1814, adaptés à la trompette par STOELTZEL.(Aux deux premiers pistons fut ajouté un troisième en 1830. Depuis lors, l'instrument moderne est fabriqué de la même façon).

QUELS PROGRES LES PISTONS APPORTAIENT‑ILS A L'INSTRUMENT ?

 

Revenons un peu en arrière.

Il existait plusieurs sortes de trompettes qui sont des instruments transpositeurs (voir fiche‑enfant explicative).

Rapidement : la trompette du XVIIème siècle est en ut, le plus souvent en ré. (J.S.BACH utilise 3 parties de trompettes en ré dans sa Sème Ouverture) Le Magnificat a été ré‑écrit avec trompette en ré).

L'usage de trompettes dans d'autres tons qu'ut et ré se répandit d'abord en Allemagne au XVIIIème siècle (la première version du MAGNIFICAT de J.S.BACH est en mi b ‑le 2ème concerto brandebourgeois en utilise en fa).

 

La trompette simple ‑donc sans le piston‑ ne pouvait produire que les harmoniques naturels du SON FONDAMENTAL (déterminé par la longueur de son tube) ce qui revenait à dire que la trompette ne pouvait jouer toutes les notes de la gamme.

 

LE CLARINO par exemple, utilisé par Monteverdi était un instrument de petite dimension, particulièrement adapté à l'aigu (par sa perce et par l'exiguité de son embouchure).

 

Au XVIIIème siècle, pour accroitre les possibilités de la trompette, on lui adjoignit des TONS DE RECHANGE : c'était des portions de tube de longueur variable que l'on intercalait entre l'embouchure et le corps dë' l'instrument : ce système, bien que multipliant ses possibilités tonales n'en laissait pas moins chaque échelle incomplète.

Alors qu'imagina‑t‑on d'autre ?

On essaya le système "à main" (bouchage plus ou moins complet du pavillon pour obtenir les notes manquantes. Ce système était peu pratique 1).

Et quoi encore ?

A la fin du XVIIIème siècle, M.Wôggel d'Augsbourg essaya de ressusciter l'ancienne trompette à coulisse du XVIème siècle...

 

Les recherches ne s'arrêtèrent pas là...

 


 

Celle en do figure dans les orchestres de France, de Belgique, d'Espagne.

Pour la musique baroque, les instrumentistes utilisent celle en ré et le piccolo en si b. (de sonorité très brillante, elle est parfaite pour les effets de solistes...).

 

LA TECHNIQUE DE LA TROMPETTE.

 

Elle est semblable, à quelques détails près, à celle du cor. Son agilité toutefois est supérieure à celle de ce dernier. Vous noterez les gammes, les traits rapides, les arpèges qu'elle peut effectuer avec un répertoire moderne (Concerto n°I de Chostakovitch, Concerto de Jolivet, pièces diverses pour trompette et piano de Y.Baudrier, G.Enesco, J.Françaix, P.Hindemith, A.Honegger, B.Martinu, etc....)

 

Comme pour la flûte, l'instrumentiste peut exécuter le "flatterzunge" (rapide roulement de la langue). Son timbre, enfin, peut être modifié à l'aide de différentes sourdines.

Elle peut donc sonner de riches fanfares (symphonies de MOURET), dérouler de triomphales guirlandes de notes (Ilème Brandebourgeois de J.S.BACH) devenir mystique (prélude de PARSIFAL de WAGNER) ou lyrique (2ème Symphonie de DUTILLEUX) ou encore entrainante (jazz de Louis ARMSTRONG).

 

Les proches parents de la trompette sont

 

 

 

 

LE BUGLE (employé surtout dans les fanfares).

LE CORNET A PISTONS (d'invention récente (XIXème siècle) Vous le reconnaîtrez dans l'histoire du Soldat de STRAVINSKI).

LE CLAIRON (employé uniquement pour les sonneries militaires).

 

 

Les bugles

 

Le bugle, un cor simple employé au Moyen Age dans la chasse et pour la transmission de signaux, a d'abord figuré dans les musiques militaires vers la fin du XVII1° siècle. Depuis, il a à peine changé. Le cornet à pistons, descendant du cor de poste, et le mellophone, descendant du cor d'orchestre, sont entrés dans la musique militaire au XIX° siècle. On se sert aussi parfois du cornet à pistons dans l'orchestre classique.

A droite. Bugles du XIX' siècle et un bugle américain de cavalerie. Le bugle simple (1) est parfois décoré pour des occasions spéciales (2). Le nombre limité de notes fait que son appel est facile à reconnaître


 


 


Jean Sébastien BACH (1685/1750 ‑ Allemand)

 

 

Inutile de présenter J. S.BACH que vous connaissez tous. Son oeuvre instrumentale offre des aspects très divers et souvent contradictoires. Elle peut être présentée comme une synthèse des styles de son époque. Il a le goût de la polyphonie (plusieurs voix) et de la combinaison des lignes. Une forme qu'il a beaucoup mis en valeur est LA FUGUE précédée d'un prélude.

 

Que ce soit à l'orgue (préludes et fugues, fantaisies et fugues) ou au clavecin

(Inventions, Préludes et Fugues du clavier bien tempéré) BACH va au bout de

chaque possibilité.

 

LE PRÉLUDE chez Bach ne constitue pas une improvisation (même si l'ancien prélude libre existe encore). Ses préludes s'appuient sur une forte structure rythmique, ou bien il est bâti sur trois rythmes (prélude en ut Majeur pour orgue) ou reposer sur deux thèmes (exposés à la tonique, puis à la dominante et enfin réexposés) ou encore revêtir une apparence concertante (opposition tutti ‑ concertino dans le prélude en mi mineur pour orgue par exemple).

 

LES FUGUES offrent une même variété. Sachez que la forme "Fugue" n'a été codifiée qu'après J.S.BACH.

Les 24 préludes et fugues du "clavier bien tempéré" furent achevés en 1722. Les 24 tons, Majeurs et mineurs y sont traités.

Les 24 ‑fugues contiennent pratiquement toutes les possibilités d'écriture sur un sujet (thème de la fugue) avec ou sans contresujet (mélodie qui soutient le

sujet). Le thème peut être traité en inversion ou en augmentation.                                                                   ‑

 

Quoi qu'il en soit, une fugue "d'école" (la plus classique) comprend une Exposition (sujet donné par les 4 voix) un Développement et une Réexposition.

 


 

Georg Friedrich HAENDEL (1685/1759 ‑ Allemand naturalisé Anglais)

 

 

Ce grand maitre du BAROQUE avec J.S.BACH et TELEMANN est connu parce qu'il est l'auteur du MESSIE et d'ISRAËL EN ÉGYPTE, ses plus fameux oratorios.

 

Ses OPÉRAS commencent à être connus grâce aux disques et ses CONCERTI GROSSI font le bonheur des orchestres de chambre. Le reste de sa production instrumentale semble moins en faveur alors qu'il a composé un abondant répertoire pour l'instrumentiste : Suites pour le clavecin, Sonates pour instrument soliste et basse continue, Sonates en trio, "sinfonie"...

 

Esprit très curieux et grand voyageur, HAENDEL possède une très bonne connaissance de la musique instrumentale de ses prédécesseurs : musique ALLEMANDE de KULHAU, BUXTEHUDE, musique ITALIENNE de D.SCARLATTI, CORELLI, musique FRANÇAISE de Lully. I1 inclut souvent dans ses Suites des danses françaises : Bourrée, Menuet, que vous entendrez au concert

 

LE MENUET : danse de rythme ternaire, d'origine française, comprend deux parties répétées. L'avènement officiel du menuet remonte à J.B.LULLY qui le mit à la mode à la Cour de France ‑‑Louis XIV aurait dansé en 1653 le premier menuet sur une composition de Lully.

 

De France, le menuet se répandit rapidement dans toute l'Europe soit comme danse, soit comme élément d'une composition plus importante. L'Angleterre le découvrit sous le règne de Charles II. En Italie, il s'implanta tout d'abord à la Cour de Modène, d'influence française.

 

Dans la Suite baroque, le menuet est généralement placé vers la fin, parmi les dans comprises entre la Sarabande et la Gigue.

 

Vers 1740, le Menuet fait son entrée dans la Symphonie Dème Mouvement). Le plan le plus simple du Menuet est celui‑ci

a) ler Menuet en 2 parties égales avec reprises b) trio central (utilisant une autre tonalité, de préférence de ton mineur relatif) c) reprise du ler Menuet d'un seul tenant. Menuet et trio ont la plupart du temps une unité thématique.

 

 

LA BOURRES : danse populaire française datant du XVIème siècle. Elle aurait été introduite en France par les BOULGRES ou BULGARES; en 1555 Marguerite de VALOIS la fait danser à la Cour. A la fin du XVIIème et au XVIIIème siècle, la bourrée prend une place importante dans la Suite, se situant entre l'Allemande, la Courante et la Sarabande, et la Gigue. Dès 1750, elle disparait pour renaître à la fin du XIXème siècle. La Bourrée s'écrit à 2 ou 3 Temps suivant les régions. Dans le Théâtre et la Suite classique, la Bourrée, de rythme binaire, s'apparente à la Gavotte. Elle se présente parfois

a)        avec un double (J.S.BACH ler partita en si mineur pour violon seul) ou suivie d'une

b)        seconde bourrée de caractère rustique formant trio (J.S.BACH, 2ème Suite anglaise, Bourrée II)

c)        plus rarement, elle peut présenter un aspect fugué (J.S.BACH, lère Suite anglaise).


 

G.F.HAENDEL a composé tout d'abord deux Suites pour orchestre : WATER MUSIC (qui date de 1717) et ROYAL FIREWORKS MUSIC (qui célèbre en 1749 la paix d' Aix la Chapelle).

 

Ayant beaucoup voyagé à travers l'Europe, HAENDEL a souvent inclus dans ses Suites des danses françaises : bourrée, menuet, gavotte, etc.

 

Prenons quelques exemples

Dans WATER MUSIC (qui comprend 20 Mouvements !) on trouve une bourrée (9ème Mouvement) un menuet (18ème Mouvement).

Dans FIREWORKS MUSIC qui ne comprend que 6 Mouvements, les deux derniers sont des menuets.

 

Ensuite, dans ses Suites instrumentales ‑‑notamment les huit Grandes Suites pour clavecin éditées à Londres en 1720, il fait preuve de grande fantaisie : tantôt il utilise les Mouvements issus de la Sonate d'église (2ème Suite : ADAGIO, ALLEGRO, ADAGIO, ALLEGRO) tantôt des danses traditionnelles allemandes, italiennes, espagnoles, également françaises (Suite n°3 : 1 menuet, Suite n°4 et 8 une couran‑ tantôt, et c'est le plus souvent, HAENDEL mélange les deux genres (religieux et profane).

Dans la Suite n°7 par exemple, après l'ouverture, nous trouvons un andante et un allegro issus en droite ligne de la Sonate d'église ("da chiesa") alors que la

Sarabande (d'origine espagnole) la gigue (d'origine anglaise ou irlandaise) la                                                                                   '.

passacaille enfin (d'origine italienne ou espagnole) viennent de la Sonate de Chambre

("da camera") caractérisée par une succession de danses.


 

 

 

 

 

 

 


 


 

Jacques OFFENBACH (1819/1880 ‑ Compositeur Français d'origine Allemande)

 

 

Envoyé à PARIS à l'âge de 14 ans, J.OFFENBACH obtint la naturalisation française en 1860. Excellent violoncelliste, il prend la direction du théâtre français (1850/1855) et devint une célébrité parisienne. Pour un petit théâtre sur les Champs Elysées, qu'il appelle BOUFFES‑PARISIENS, Jacques OFFENBACH écrit bouffonneries, saynètes, opérettes‑bouffes, légendes, opéras‑comiques.

 

I1 devient mondialement connu en devenant le maitre de compositions en 3 actes, qualifiées pour la plupart d'opéras‑bouffes ou "d'opérettes".

Citons : La Vie Parisienne, La Grande Duchesse de Gerolstein, Orphée aux Enfers,

La Belle Hélène... En effet, que faire d'autre dans un Paris gavé et las d'une surabondance d'oeuvres scéniques, que de parodier ce genre déjà hybride ?

(Penser à "Orphée aux Enfers" par exemple).

Mais Jacques OFFENBACH avec ses deux librettistes, il faut le dire, inspirés, que sont MEILHAC et HALEVY, se moque de tout et de tous parce que la Société du Second Empire ne cherche qu'à rire d'elle‑même dans l'ivresse du plaisir.

 

La musique de Barbe‑Bleue ou de la Périchole déborde de folie, débouche dans les tourbillons du Cancan (danse provocante) ironise, parodie, défie la censure avec ses allusions et attaques politiques.

 

Sa seule oeuvre sérieuse, son "opéra fantastique" les Contes dl Hoffmann, composée à la fin de sa vie exprime son angoisse de la mort dans une sphère irréelle où se meuvent les automates...

 

J.OFFENBACH mourut avant la première représentation de cet opéra qui marque l'arrêt des plaisirs des salons, l'arrêt des railleries et des moqueries qui minaient le genre sérieux qu'est l'opéra.


 

Georges BIZET (1838/1875 ‑ Français)

 

Georges BIZET qui était le fils d'un professeur de chant, a fait ses études' au Conservatoire de Paris, chez GOUNOD et HALEVY dont il a épousé la fille.

PRIX DE ROME en 1857, son plus grand succès est_CARMEN (1875).

 

Tiré d'une nouvelle de mérimée, cet opéra par son langage musical traduit le contraste permanent qu'il y a entre une atmosphère de fête et l'omniprésence de la mort.

En voici le sujet : la tsigane CARMEN, cigarière, a charmé le sergent DON JOSE qui devait l'arrêter pour avoir participé à une rixe. DON JOSE renonce à tous ses engagements ‑‑il était fiancé à MICHAELLA‑‑ et vit avec Carmen parmi des contrebandiers. Vite lassée de son amant, Carmen s'enflamme pour le toréador ESCAMILLO. Les rivaux s'affrontent, Carmen les sépare. Devant les arènes, DON JOSE tâche de reconquérir CARMEN. En vain, pris de rage, il la tue d'un coup de couteau...

Le milieu espagnol est fort bien évoqué ‑‑bien que Bizet n'ait jamais été en Espagne !‑‑ Les airs sont en forme de danses populaires : boléro, séguédille, habanera. Le motif de la mort ‑‑annoncée dans l'ouverture‑‑ est fondé sur la gamme gitane

 

Dans cette oeuvre, enfin, Bizet a le premier compris l'hispanisme comme variante de l'exotisme. CARMEN est un opéra réaliste qui annonce le VÉRISME français illustré par "LOUISE", roman musical de Gustave CHARPENTIER, qui date de 1900.

 

 

 

LA HABANERA

 

A l'origine, c'est une danse cubaine de rythme binaire qui gagna tout le continent européen vers la fin du XIXème siècle. Dans son pays d'origine, elle était connue sous le nom de "contredanse créole".

 

Sans être aussi syncopée que certaines musiques afro‑américaines des U.S.A. ou Brésil, elle possède un schéma métrique très caractéristique:

M 4*‑ a « 4% lot

Sachez que c'est le compositeur cubain Ignacio CERVANTES qui créa le genre.

Plusieurs musiciens ESPAGNOLS furent tentés par ce rythme : M.de FALLA, ALBENIZ. Les Français aussi furent séduits par cette danse : E.CHABRIER, C.SAINT‑SAENS, C.A.DEBUSSY, M.RAVEL, E.BIZET dans son opéra CARMEN l'utilise aussi. Dans l'acte I, sur une place de Séville où il y a la fabrique de cigarettes et le bâtiment de corps de garde, Carmen provoque Don José, brigadier, en lui lançant une fleur d'acacia. Elle chante devant les soldats et les dragons du régiment d'Almanza, le célèbre air, "L'Amour est un oiseau rebelle" avec le refrain "L'Amour est enfant de Bohême" sur un rythme de habanera.

La habanera de CARMEN est fondée sur une mélodie empruntée à une chanson espagnole de S.IRADIER : "El arreglito" _ "L'arrangement".